Après une chute : faut-il envisager une résidence pour un parent ?

Votre parent est tombé. Dans la cuisine, dans l'escalier, dans la salle de bain la nuit. Il s'en est peut-être sorti avec une ecchymose, ou il est encore à l'hôpital. Depuis, une question vous trotte dans la tête : peut-il continuer à vivre seul, ou faut-il penser à une résidence ?

Après la chute d'une personne âgée, l'idée d'une résidence vient vite, parfois trop vite, parfois trop tard. Ce guide vous aide à remettre les choses dans l'ordre : d'abord la santé, avec les bons interlocuteurs ; ensuite les options pour rester à la maison ; puis, si la résidence devient le bon choix, ce qu'il faut dire des chutes dans la demande d'admission. Il ne donne aucun avis médical.

En bref

  • Pour la santé, ce sont le médecin, Info-Santé 811 et le CLSC qui vous guident. En cas d'urgence, le 9-1-1.
  • Une chute est un signal à prendre au sérieux, mais elle ne décide pas seule de la suite.
  • Le CLSC peut évaluer les besoins de votre parent et offrir du soutien à domicile s'il y est admissible.
  • Si la résidence devient l'option, décrivez les chutes et la mobilité honnêtement dans la demande : la résidence doit savoir si votre parent peut se déplacer et évacuer en cas d'urgence.
  • Tant que votre parent est apte, c'est lui qui décide de son lieu de vie.

D'abord, la santé : le médecin, le 811 et le CLSC

La première question après une chute est médicale, et ce n'est pas à la famille d'y répondre. Pourquoi votre parent est-il tombé ? Risque-t-il de retomber ? Ses médicaments ont-ils un rôle ? Seul un professionnel de la santé peut évaluer ces points.

En cas de problème grave ou d'urgence, Québec.ca rappelle qu'il faut composer le 9-1-1 ou se rendre à l'urgence. Pour une situation non urgente, Info-Santé 811 est un service de consultation téléphonique gratuit et confidentiel, qui permet de joindre en tout temps un professionnel de la santé pour obtenir des conseils.

Parlez ensuite de la chute au médecin de votre parent, avec son accord, même si elle semble sans gravité. Notez avant le rendez-vous ce que vous savez : la date, l'heure, l'endroit, ce que votre parent faisait, s'il a pu se relever seul, combien de temps il est resté au sol. Le pharmacien peut aussi répondre à vos questions sur les médicaments.

Enfin, pensez au CLSC de sa région. C'est la porte d'entrée publique pour l'aide à domicile et l'évaluation des besoins, comme on le verra plus bas.

Ce qu'une chute dit, et ce qu'elle ne dit pas

Beaucoup de familles cherchent « parent tombé à la maison que faire » le soir même. Une chute rend visible une fragilité qu'on ne voyait pas, mais elle n'est pas un verdict.

Pour y voir clair, regardez l'ensemble de la situation plutôt que l'incident seul. Quelques questions, à vous poser en famille et avec votre parent :

  • Votre parent vit-il seul ? Quelqu'un passe-t-il le voir régulièrement ?
  • A-t-il pu appeler à l'aide, ou a-t-il attendu longtemps avant d'être trouvé ?
  • Est-ce la première chute, ou y en a-t-il eu d'autres, dont personne n'a parlé ?
  • Depuis la chute, sort-il moins, mange-t-il moins bien, a-t-il peur de se déplacer ?
  • Arrive-t-il encore à se laver, à s'habiller et à préparer ses repas ?

Les réponses ne remplacent pas l'avis du médecin ou du CLSC. Elles vous aident à décrire la situation avec précision quand on vous posera des questions. Gardez-les par écrit : elles serviront aussi si une demande d'admission devient nécessaire.

Rester à la maison avec du soutien

Pour beaucoup de personnes, la première réponse à une chute n'est pas un déménagement. C'est de l'aide à la maison.

Selon Québec.ca, les services de soutien à domicile s'adressent aux personnes qui vivent à domicile et qui ont besoin d'aide pour certaines tâches, comme le ménage, la préparation de repas, les soins d'hygiène ou l'habillement. Ils relèvent des établissements du réseau de la santé et des services sociaux, notamment des CLSC. Pour les demander, il faut communiquer avec le CLSC de sa région.

Un intervenant ou une intervenante du CLSC évalue d'abord si la personne est admissible. Si elle l'est, il évalue ses besoins et planifie les services. Le CLSC peut aussi produire une évaluation de l'autonomie, utile plus tard si une résidence est envisagée.

Le domicile lui-même peut parfois être réaménagé. Ce qui convient dépend de votre parent, de son logement et de ses besoins : demandez conseil aux professionnels qui le suivent plutôt que de deviner. Et si votre parent refuse toute aide, gardez le lien et revenez sur le sujet plus tard ; tant qu'il est apte, c'est sa décision.

Après la chute d'une personne âgée : quand la résidence devient l'option

Il arrive que l'aide à domicile ne suffise plus : les chutes se répètent, votre parent a peur de rester seul la nuit, ou la personne proche aidante s'épuise. La résidence devient alors une option à discuter avec votre parent.

Une résidence privée pour aînés (RPA) est un immeuble locatif où sont offerts, en plus du logement, des services comme les repas, l'aide domestique, la sécurité, l'assistance personnelle ou les soins infirmiers. Pour porter ce nom, elle doit être certifiée. Cette certification atteste le respect de règles de santé et de sécurité, dont un système d'appel à l'aide. Pour une personne qui a déjà attendu au sol, ce point compte.

Les RPA ne reçoivent pas toutes la même clientèle. Le Règlement sur la certification distingue les résidences pour personnes autonomes (catégories 1 et 2), semi-autonomes (catégorie 3) et en perte d'autonomie modérée à sévère (catégorie 4). Il oblige aussi toute résidence à avoir en tout temps assez de personnel pour évacuer les résidents en cas d'urgence. Une résidence vérifie donc que la personne correspond à la clientèle qu'elle peut accueillir, notamment sur la mobilité.

Pour l'hébergement public, comme le CHSLD ou la ressource intermédiaire, la demande passe par le CLSC. Pour une RPA, la famille s'adresse directement aux résidences. Le guide Quand est-il temps de penser à une résidence pour un parent ? aide à peser les signes au-delà de la chute.

Ce qu'il faut dire des chutes dans la demande d'admission

Si votre parent fait une demande d'admission, la question des chutes reviendra. Elle fait partie de l'évaluation de l'autonomie, avec la mobilité et la capacité d'évacuer en cas d'incendie. La résidence doit savoir si elle peut accueillir votre parent en sécurité.

Ce qui aide la responsable des admissions :

  1. Les chutes récentes, datées. Combien, à peu près quand, et dans quelles circonstances : la nuit, dans la salle de bain, en sortant du lit.
  2. Les conséquences. Une hospitalisation, une fracture si le médecin l'a confirmée, ou simplement une perte de confiance.
  3. La mobilité d'aujourd'hui. Votre parent marche-t-il seul, avec une canne, avec une marchette, ou a-t-il besoin d'aide pour se lever ?
  4. L'évacuation. Pourrait-il sortir seul de son logement si l'alarme sonnait, ou aurait-il besoin de quelqu'un ?
  5. Ce qui est déjà en place. Les services du CLSC, l'aide de la famille, les recommandations reçues des professionnels.

Décrivez la situation telle qu'elle est aujourd'hui, sans l'embellir ni la dramatiser. Minimiser les chutes peut mener à un refus tardif, ou à une résidence qui ne peut pas garder votre parent parce que sa certification ne couvre pas son profil. Si le CLSC a évalué votre parent, son évaluation vous servira de repère. Le guide L'évaluation de l'autonomie avant une admission en résidence détaille ce que la résidence regarde.

Dans la partie sur la situation, racontez simplement ce que la chute a changé. Une phrase comme « depuis sa chute en février, ma mère n'ose plus descendre au sous-sol et ne sort plus seule » en dit plus qu'une case cochée.

Si la chute a mené à l'hôpital

Quand la chute se termine à l'urgence, la décision se prend parfois sous pression, au rythme du congé. La travailleuse sociale ou l'infirmière de liaison de l'hôpital prépare le congé et oriente vers les ressources. Parlez-lui tôt de la situation à la maison avant la chute.

Si une résidence privée est envisagée, indiquez dans la demande que votre parent est à l'hôpital ou en réadaptation, avec la date de congé prévue si vous la connaissez. La résidence pourra en tenir compte. Le guide Résidence après une hospitalisation : que faire quand le congé approche décrit ce parcours en détail.

En pratique avec HavenApply. Le dossier d'admission comporte une grille d'autonomie où vous décrivez la mobilité, les chutes et la capacité d'évacuation en cas d'incendie, ainsi qu'une section sur la situation où vous racontez ce qui a changé. Vous pouvez indiquer que votre parent est à l'hôpital ou en réadaptation, avec sa date de congé prévue. Aucun document n'est exigé ; une évaluation du CLSC peut être jointe si vous l'avez. Vous choisissez les résidences qui reçoivent le dossier, avec un consentement pour chacune, et le service est gratuit pour les familles. Créer mon dossier

Questions fréquentes

Mon parent est tombé à la maison : que faire en premier ?

En cas de problème grave ou d'urgence, composez le 9-1-1. Pour un conseil sur une situation non urgente, Info-Santé 811 permet de joindre un professionnel de la santé en tout temps. Parlez ensuite de la chute à son médecin.

Une seule chute veut-elle dire qu'il faut une résidence ?

Pas forcément. Une chute est un signal à prendre au sérieux, mais la décision dépend de l'ensemble de la situation, de l'avis des professionnels et, surtout, de votre parent s'il est apte.

Faut-il mentionner les chutes dans une demande d'admission en résidence ?

Oui. Décrivez les chutes récentes, leurs circonstances et ce qui a changé depuis. La résidence doit savoir si votre parent se déplace seul et peut évacuer en cas d'urgence, et une description honnête évite un refus tardif.

Le CLSC peut-il aider mon parent à rester chez lui après une chute ?

Le CLSC offre des services de soutien à domicile aux personnes qui ont besoin d'aide pour certaines tâches. Un intervenant évalue d'abord l'admissibilité de la personne, puis ses besoins. Communiquez avec le CLSC de sa région.

Pour aller plus loin

Sources

Qui écrit

HavenApply est une entreprise québécoise qui offre aux familles un seul dossier d'admission en résidence pour aînés, gratuit, envoyé aux résidences qu'elles choisissent. Nous ne recommandons aucune résidence. Lire tous nos guides

Créer mon dossier

Dans le même thème