L'hôpital dit que mon parent ne peut pas rentrer chez lui : quelles options

L'équipe de l'hôpital vient de vous le dire : selon elle, votre mère ou votre père ne pourra pas rentrer chez lui. La phrase tombe lourdement, et une foule de questions suivent. Pour combien de temps ? Où ira-t-il ? Qui décide ? Faut-il trouver une résidence cette semaine ?

Quand un parent ne peut pas rentrer chez lui après une hospitalisation, il existe en général plus d'une issue. Ce guide présente quatre options : le retour à domicile avec du soutien, un séjour de convalescence, la résidence privée pour aînés et l'hébergement public. Pour chacune, vous verrez à quelles conditions elle se présente, à qui vous adresser, et qui décide. À la fin, vous pourrez en parler avec l'équipe soignante et avec votre parent en sachant quelles questions poser.

En bref

  • L'avis de l'hôpital porte sur les besoins de votre parent. Demandez s'il vise la sortie immédiate ou le long terme.
  • Quatre options se présentent souvent : rentrer avec du soutien à domicile, une convalescence temporaire, une résidence privée pour aînés (RPA), un hébergement public.
  • Le soutien à domicile et l'hébergement public se demandent au CLSC. Pour une RPA, la famille s'adresse directement aux résidences.
  • Tant que votre parent est apte, c'est lui qui choisit. Les options peuvent se combiner ou se succéder.
  • Vous n'avez pas à vous engager auprès de la première résidence qui répond.

D'abord, comprendre ce que l'hôpital veut dire

« Il ne peut pas rentrer chez lui » peut recouvrir des situations très différentes. Avant d'explorer les options, prenez le temps de comprendre l'avis de l'équipe soignante. Demandez un moment pour en parler, avec votre parent si c'est possible.

Quelques questions aident à y voir clair :

  1. Qu'est-ce qui rend le retour à la maison difficile : la mobilité, les chutes, la mémoire, les soins, la solitude ?
  2. Cet avis vaut-il pour la sortie immédiate, ou pour le long terme ?
  3. Avec quels services un retour serait-il envisageable ?
  4. Une période de réadaptation ou de convalescence est-elle envisagée ?
  5. Quand le congé est-il prévu, même approximativement ?

Notez les réponses. Elles vous serviront à comparer les options, et à décrire la situation de votre parent dans une demande d'admission si vous en faites une. Pour savoir qui joue quel rôle à l'hôpital et au CLSC, voyez Sortie d'hôpital d'un parent âgé : qui fait quoi.

Option 1 : rentrer à domicile, avec du soutien

Un retour jugé impossible tel quel peut parfois devenir possible avec de l'aide. Les services de soutien à domicile relèvent du réseau de la santé et des services sociaux. Selon Québec.ca, pour les demander, il faut communiquer avec le CLSC de sa région. Une intervenante du CLSC évalue la situation de la personne et, si elle est admissible, évalue ses besoins et planifie les services à mettre en place.

Ces services peuvent comprendre l'aide personnelle (habillage, soins d'hygiène), l'aide domestique et du répit pour la personne proche aidante. Ils peuvent être offerts sur une base temporaire ou à long terme, selon les besoins. Le choix des prestataires se fait en collaboration avec la personne et ses proches.

Cette option convient quand l'équipe soignante estime qu'un retour est envisageable avec de l'aide, et que votre parent le souhaite. Elle demande souvent un engagement de la famille. Soyez honnête sur ce que vous pouvez donner : votre temps, votre énergie, votre distance. Si l'aide nécessaire dépasse ce qui est réaliste, c'est une information utile, pas un échec.

Option 2 : une convalescence ou un séjour temporaire

Parfois, la difficulté est passagère : votre parent a besoin de reprendre des forces après une chute, une opération ou une infection, sans qu'on sache encore s'il pourra rentrer chez lui ensuite.

Demandez d'abord à l'équipe soignante si une période de réadaptation ou de convalescence est envisagée dans le cas de votre parent, et comment elle s'organiserait. Du côté privé, certaines résidences pour aînés peuvent proposer un séjour temporaire ; ce n'est pas le cas de toutes, et les conditions varient. Posez la question directement à chaque résidence qui vous intéresse.

L'intérêt d'un séjour temporaire est de gagner du temps pour décider. Votre parent sort de l'hôpital dans un milieu sécuritaire, et la famille peut observer comment il se rétablit avant de choisir une solution durable. Le guide Convalescence en résidence pour aînés : le séjour temporaire après une hospitalisation approfondit cette option.

Option 3 : une résidence privée pour aînés

Une résidence privée pour aînés est un immeuble locatif occupé principalement par des personnes de 65 ans et plus. En plus du logement, elle offre des services comme les repas, l'aide domestique, la sécurité, les loisirs, l'assistance personnelle ou des soins infirmiers. Pour porter ce nom, elle doit être certifiée par le ministère de la Santé et des Services sociaux.

Une démarche que la famille fait directement

Pour une RPA, personne ne fait la demande à votre place. Votre parent, avec votre aide, choisit les résidences et leur envoie une demande d'admission. Chaque résidence vérifie que la personne correspond à la clientèle qu'elle peut accueillir. Les RPA sont réparties en catégories : certaines accueillent des personnes autonomes, d'autres des personnes semi-autonomes, d'autres encore des personnes en perte d'autonomie modérée à sévère. Le guide Catégories de RPA 1 à 4 : ce que ça change pour votre demande d'admission explique ces différences.

Ce qu'il faut pour commencer

Aucun document n'est requis pour envoyer une demande. Décrivez la situation, l'autonomie de votre parent telle qu'elle est aujourd'hui, l'hébergement souhaité et une fourchette de budget. Indiquez qu'il est hospitalisé, avec la date de congé prévue si vous la connaissez. Un rapport d'hospitalisation ou une évaluation du CLSC pourront s'ajouter ensuite.

Ne pas se presser au moment du bail

Envoyez votre demande à plusieurs résidences et comparez ce qu'elles proposent. Une réponse positive n'oblige à rien. La demande d'admission et le bail sont deux étapes distinctes : le bail se signe sur le formulaire obligatoire du Tribunal administratif du logement, avec l'annexe 6 qui énumère les services offerts et le coût de chacun. Lisez-la avant de signer. Le guide Après l'acceptation : le bail en RPA, l'annexe 6 et ce que la résidence peut exiger détaille cette étape.

Option 4 : l'hébergement public

Quand les besoins de votre parent sont importants, l'équipe soignante peut évoquer l'hébergement public. Québec.ca mentionne plusieurs milieux : le centre d'hébergement et de soins de longue durée (CHSLD), la maison des aînés, la maison alternative et la ressource intermédiaire.

Selon Québec.ca, pour effectuer une demande d'hébergement pour soi ou pour un proche, il faut communiquer avec le CLSC de sa région. Si votre parent est hospitalisé, demandez à l'équipe soignante et au CLSC comment la démarche s'organise dans son cas et à qui vous adresser pour la suivre.

Côté coûts, le gouvernement exige une contribution des adultes confiés à une ressource intermédiaire, et la RAMQ précise que la contribution est le montant exigé par le gouvernement que la personne doit payer pour son hébergement en établissement public. La RAMQ explique comment elle est établie.

Si une proposition d'hébergement vous est faite, prenez le temps de la comprendre avant de répondre. Demandez ce qu'elle implique pour votre parent, et quelles sont les autres possibilités. Une demande d'hébergement public et des demandes en résidence privée peuvent aussi avancer en même temps.

Qui décide, et comment choisir sans se précipiter

L'équipe soignante donne un avis sur les besoins de votre parent. La famille aide, informe, organise. Mais tant que votre parent est apte, c'est lui qui décide de son lieu de vie. Présentez-lui les options avec leurs avantages et leurs limites, et écoutez ce qui compte pour lui.

Si votre parent ne peut plus exprimer sa volonté, le cadre change. Pour les soins offerts par un professionnel de la santé, son conjoint ou, à défaut, un proche peut consentir à sa place sans tutelle (Code civil du Québec, art. 15). Pour le reste, un mandat de protection ne prend effet qu'après son homologation par le tribunal ; sans mandat, il faut demander une tutelle. Ceci n'est pas un avis juridique : Québec.ca, le Curateur public ou un notaire vous renseigneront.

Gardez aussi en tête que les options ne s'excluent pas. Une convalescence peut précéder une entrée en résidence ; un retour avec soutien peut être réévalué plus tard. Si la décision vous pèse, Info-Social 811 est un service de consultation téléphonique gratuit et confidentiel qui permet de parler à un professionnel en intervention psychosociale, pour soi-même ou pour un proche.

En pratique avec HavenApply. Si une résidence privée fait partie des options, vous pouvez préparer un seul dossier d'admission avec votre parent, pendant qu'il est encore à l'hôpital. Le dossier prévoit le lieu de vie actuel (hôpital ou réadaptation) et la date de congé prévue, et aucun document n'est exigé pour l'envoyer. Vous choisissez les résidences qui le reçoivent, avec un consentement pour chacune, puis vous suivez chaque demande et échangez par messagerie. Le service est gratuit pour les familles, et le choix reste le vôtre. Créer mon dossier

Questions fréquentes

Si l'hôpital dit que mon parent ne peut pas rentrer chez lui, est-ce définitif ?

Pas forcément. Demandez à l'équipe soignante si son avis porte sur la sortie immédiate ou sur le long terme, et ce qui pourrait changer avec du soutien, de la réadaptation ou du temps.

Qui décide où mon parent ira vivre après l'hôpital ?

Tant que votre parent est apte, c'est lui qui décide de son lieu de vie. L'équipe soignante donne son avis sur ses besoins et la famille l'aide à choisir parmi les options possibles.

Faut-il passer par l'hôpital pour entrer dans une résidence privée pour aînés ?

Non. Pour une résidence privée pour aînés, la famille et la personne aînée s'adressent directement aux résidences de leur choix. L'hébergement public, lui, se demande auprès du CLSC.

Doit-on choisir la première résidence qui répond ?

Non. Vous pouvez faire une demande à plusieurs résidences privées, comparer ce qu'elles offrent et poser vos questions avant de vous engager. Lisez le bail et son annexe 6 avant de signer.

Pour aller plus loin

Sources

Qui écrit

HavenApply est une entreprise québécoise qui offre aux familles un seul dossier d'admission en résidence pour aînés, gratuit, envoyé aux résidences qu'elles choisissent. Nous ne recommandons aucune résidence. Lire tous nos guides

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